All-Star Game : la NBA a -t-elle enfin trouvé le bon format ?
Le 16 févr. 2026 à 11:11 par Hisham Grégoire

Après des années à bricoler son match des étoiles, la NBA a peut-être enfin trouvé un cadre qui limite la somnolence : le All-Star Game 2026, version mini-tournoi USA vs reste du monde, matchs courts, et la sensation qu’il y avait enfin quelque chose à perdre sur chaque séquence. Rien d’absolu pour autant — c’est même le cœur du débat — mais, le temps d’une soirée, l’intensité est revenue… et Victor Wembanyama a clairement servi de mèche.
Le vrai apport de ce nouveau format, il est structurel : il retire aux joueurs la possibilité de gérer le chrono. En 48 minutes, tu peux te relâcher, faire le show, et te réveiller dans les cinq dernières minutes – ce qui est devenu une habitude qui nous fait tous souffler très fort années après années. Pendant une rencontre de 12 minutes, tu n’as plus ce confort : un mauvais passage pèse tout de suite, et l’idée même d’un mini-tournoi (trois équipes, une finale à aller chercher) installe une logique de qualification qui manque cruellement aux exhibitions. La règle de prolongation « premier à 5 points » appuie la même idée : pas de temps à tuer, pas de faux rythme, chaque attaque peut décider de ton sort.
An absolute RIM-ROCKER from Wemby 😮💨
It’s WORLD vs. USA STRIPES on NBC & Peacock… watch here: https://t.co/uaP8VtXA3D pic.twitter.com/DQo0GZUBzX
— NBA (@NBA) February 15, 2026
On ne parle pas d’un format miracle qui pond automatiquement un classique et que le problème est désormais réglé, mais d’un format qui réduit mécaniquement les plages d’indifférence, et c’est déjà énorme pour un événement qui s’était transformé en vitrine sans résistance. Le contraste est encore plus parlant quand on regarde ce que le USA vs World met sur la table : une rivalité simple, lisible, presque naturelle à l’époque où la ligue est plus internationale que jamais, et un orgueil collectif plus facile à réveiller qu’un simple « Team X vs Team Y » tiré au sort.
WILD ENDING OF USA STARS/STRIPES!
ANT LAY TO MAKE IT A 2-POINT GAME.
ANT STEAL.
ANT 3 FOR THE LEAD.
FOX GAME-WINNER.
USA STRIPES SECURES THE WIN 😱 pic.twitter.com/EjQ74Twq9p
— NBA (@NBA) February 15, 2026
Mais il faut aussi dire la vérité : le cadre ne suffit pas si personne n’a envie de le remplir. Et là, Victor Wembanyama a pesé, parce qu’il a traité l’événement comme un rendez-vous à honorer, pas comme un passage obligé. Avant même de jouer, il avait expliqué comment il voulait tirer le groupe vers le haut :
« des actions qui font du bruit, jouer sérieusement et partager la balle avec de l’énergie… si tu la donnes, les autres se sentent obligés de te la rendre ».
Sur le terrain, les actes ont suivi les paroles : de l’engagement, des prises à deux, des courses, des contests, une présence qui oblige les autres à se positionner, et ça, ce n’est pas lié au format mais à un état d’esprit. La preuve, c’est la réaction d’Anthony Edwards, qui a résumé l’effet d’entraînement sans détour :
« Il a donné le ton et nous l’avons suivi. »
Et la philosophie du Français, elle est limpide et presque anti-exhibition :
« Pour moi, m’amuser, c’est gagner. »
Quand tu as un joueur qui arrive avec cette mentalité, le format court devient un amplificateur : la contagion prend plus vite, parce que tu n’as pas le temps de te dire « on verra plus tard ».
Reste le vrai test, celui qui décidera si la NBA a trouvé le bon format ou juste un bon soir : est-ce que ça peut rester compétitif dans le temps ? La ligue a déjà connu des éditions qui marchent puis s’usent, une fois l’effet nouveauté passé et les routines revenues. Cette année, il y a une double explication crédible : le format a réellement corrigé un défaut majeur, la longueur, en installant de l’urgence sans exiger une intensité constante pendant trois quarts d’heure. Antman l’a formulé très clairement :
« J’aime ce format… je pense que le fait que ce soit des matchs de 12 minutes nous a poussés à être compétitifs. »
Ant:
« I like this format. I think it makes us compete because it’s only 12 minutes. I think it was really good » pic.twitter.com/9ViEsZ1Q6y
— Oh No He Didn’t (@ohnohedidnt24) February 16, 2026
La NBA a donc un cadre qui aide, et des stars qui, au moins sur cette édition, ont joué le jeu. La suite, c’est de vérifier si ce cadre permet un minimum d’implication quand la surprise aura disparu, et si l’événement peut rester vivant sans dépendre, chaque année, d’un facteur Wemby pour allumer la mèche.
USA vs. World was a universally loved idea. 🫶🏀 pic.twitter.com/cJ0zf0O4ml
— NBA on NBC and Peacock (@NBAonNBC) February 16, 2026
