LeBron James en troisième option : la solution pour rester une saison de plus aux Lakers ?
Le 24 mars 2026 à 17:44 par Jules Bousquet

Il n’y a pas si longtemps, tout tournait encore autour de LeBron James. Mais aujourd’hui, aux Lakers, la hiérarchie a bougé. Avec Luka Doncic en franchise player assumé et Austin Reaves en lieutenant de luxe, LeBron – 41 ans, 23e saison – glisse en troisième option offensive. Une transformation bienvenue pour les Lakers comme pour lui, et qui pose une vraie question : la porte reste-t-elle ouverte à Los Angeles la saison prochaine ?
LeBron James a déjà eu mille vies dans sa carrière NBA. Du rookie qui porte seul sa franchise au vétéran MVP des Finales, en passant par le monstre du Big Three et le héros de 2016, tout est coché. Le rôle le moins attendu peut-être, c’est celui de « role player » en fin de carrière. Ironique, presque insolent, quand le gars est encore tellement fort (21 points, 6 rebonds, 7 passes par match) qu’il est capable d’être la première option offensive pour la moitié des franchises de la Ligue.
Mais dans ces Lakers-là, son rôle est redéfini. Il joue pour l’équipe et en fonction des besoins de celle-ci. Et le coach JJ Redick l’a clairement assumé :
« La meilleure chose pour notre équipe, c’est qu’il soit le troisième joueur le plus utilisé »
« The best thing for our team is him being the 3rd highest used player »
– JJ Redick on LeBron James pic.twitter.com/zJxCSYyxgb
— NBA Courtside (@NBA__Courtside) March 18, 2026
Mais attention à ne pas confondre ce nouveau costume avec celui de « rôle réduit ». LeBron ne fait pas forcément moins, il fait surtout autrement. Il touche moins le ballon, dribble moins, crée moins en isolation. En revanche, il est partout ailleurs : poseur d’écran, martyriseur de cercle en transition, passeur décisif… bref, il s’adapte en permanence à ce que Doncic et Reaves peuvent créer.
0 point à la pause face aux Pistons : l’exemple parfait
Le match d’hier face aux Pistons (malgré la défaite) symbolise cette évolution… peut-être même un peu trop. LeBron termine avec 12 points, 9 rebonds et 10 passes, mais surtout avec un match très particulier : zéro point à la mi-temps (troisième fois de sa carrière, première depuis 15 ans).
À première vue, on pourrait se dire qu’il a foiré sa première mi-temps et qu’il a envoyé un vieux 0/8 au shoot. Mais non, plutôt que de forcer, il s’est inscrit totalement dans son nouveau rôle. Il a laissé le jeu venir à lui, privilégié la circulation du ballon, et a puni les défenses par la lecture plutôt que par le scoring. C’est en tout cas comme ça qu’il a résumé son match :
« C’est le rôle que j’occupe pour l’équipe. Pour qu’on gagne des matchs, c’est ce rôle-là que je dois jouer. Et c’est comme ça qu’il fallait jouer sur ce match. »
LeBron James on how he finds his rhythm within a game without scoring: « It’s the role that I’m playing for the ballclub. In order for us to win ball games, it’s the role that I’m playing. And that’s just how the game was going. » https://t.co/IiHaWmod31 pic.twitter.com/w4mVhy5I4y
— Khobi Price (@khobi_price) March 24, 2026
JJ Redick, satisfait de son joueur, a également insisté sur cette dimension collective :
« Je trouve qu’il a joué de manière très altruiste. Il termine avec 10 passes décisives […] On a appelé des systèmes pour lui et il a fait un très bon boulot en ne cherchant pas seulement à marquer, mais en prenant la bonne décision comme il le fait toujours. »
Le QI basket de LeBron et sa capacité à s’adapter, c’est exactement ce qui explique sa longévité indécente. Même ses actions les plus marquantes cette saison vont dans ce sens, comme ce plongeon au sol pour récupérer un ballon face à Denver, que Redick lui-même n’avait « jamais vu en 23 ans de carrière de LeBron ».
“I told him after the game, in 23 years of watching you play in the NBA, and the three years I watched you play in high school, I never saw you make a full-out extension dive like that. »
Coach JJ Redick on LeBron’s incredible hustle play with under one minute to go in regulation… https://t.co/fz7CM1Lz4z pic.twitter.com/Y7u1tJLScp
— NBA (@NBA) March 15, 2026
Ce sont désormais des « winning plays » qui définissent son impact, plus que ses statistiques brutes (même si le pépère sort quand même d’un match à 30 pions contre les Rockets à 13/14 au tir, d’un triple-double contre le Heat et d’un quasi triple-double hier encore).
C’est pour cela qu’il faut garder en tête que, malgré toutes ces évolutions, LBJ ne sera jamais cantonné à un « simple » statut de role player. Il reste LeBron James, et on n’est pas à l’abri de le voir claquer 35 points en Playoffs si nécessaire…
La suite : sacrifice ou dernier move ?
La question de l’avenir de LeBron James devient centrale (même si ça fait un moment que c’est le cas), et ce nouveau rôle ouvre plusieurs scénarios.
D’abord, celui d’un sacrifice financier. Selon Ramona Shelburne (insider pour ESPN), une saison de plus aux Lakers n’est pas un cas à écarter au vu du nouvel équilibre trouvé avec LeBron… mais à certaines conditions.
Ramona:
« The sense I have is that this idea of playing for $50M anywhere is probably gone but if (Lebron) is willing to play for less, if that fits with what (the Lakers) are trying to do, I think that door is open » pic.twitter.com/ePVU76wKQo
— Oh No He Didn’t (@ohnohedidnt24) March 23, 2026
« Le sentiment que j’ai, c’est que l’idée de jouer pour 50 millions de dollars (son salaire actuel, ndlr.), peu importe où, est probablement révolue. Mais si LeBron est prêt à jouer pour moins, et que cela correspond à ce que les Lakers veulent mettre en place, alors je pense que cette porte reste ouverte. »
Dans un contexte où Austin Reaves est une priorité pour les Lakers et devrait décliner sa player option à 15 millions (lol) pour obtenir un beau contrat, l’équilibre financier devient un enjeu majeur. D’autant plus que les Lakers pourraient tenter de recruter Giannis Antetokounmpo ou une autre star cet été.
Dans ce cas, LeBron – agent libre dans quelques mois – devra accepter un salaire bien moins important pour rester à Los Angeles. Il continuerait alors dans ce rôle hybride et de transmission, en acceptant de ne plus être le centre du projet. Une évolution d’autant plus crédible que la dynamique actuelle fonctionne, avec une série de victoires (12 sur les 14 derniers matchs) et une attaque en pleine explosion.
Néanmoins, il reste l’hypothèse très crédible d’un départ. Il y a encore peu, ses difficultés et l’idée que « l’équipe est meilleure sans lui » laissaient penser à un divorce inévitable. L’idée d’un dernier retour à Cleveland ou d’une association avec un gros nom dans une autre franchise (coucou Steph, coucou les Warriors) avait particulièrement pris du poids dans la catégorie « rumeurs ». Ce sont des scénarios qui restent d’actualité, LeBron étant toujours muet sur ses intentions futures. Mais l’option Lakers semble soudainement de retour sur la table.
Alors, ce sera quoi le dernier move de LeBron James ?
Sources texte : Sam Amick, Darius Soriano et Sam Quinn
