Charlotte Hornets

Le Shop des Charlotte Hornets
Les Charlotte Hornets selon TrashTalk
Si la Caroline du Nord est une terre reconnue pour le basketball universitaire, ça coince un peu plus en NBA (National Basketball Association). L’État représenté par la franchise des Charlotte Hornets – après un intermède Bobcats – peinent à percer sur les parquets. Côté marketing par contre, quel carton durant les nineties !
La version originale des Charlotte Hornets
Tout débute en 1988 pour les Charlotte Hornets, quand la franchise – accompagnée du Miami Heat, du Orlando Magic et des Minnesota Timberwolves – rejoint la NBA lors de l’expansion de la Ligue. À défaut de cartonner immédiatement sur le parquet, l’équipe de Caroline du Nord marque les esprits par ses couleurs – violet et turquoise – et le style de ses maillots. En effet, les Charlotte Hornets sont les premiers à arborer des jerseys avec des pinstripes, ces petites bandes qui depuis ont été reprises par d’autres franchises.
Pour accompagner ce style sexy, les Hornets récupèrent Kendall Gill, mais surtout Larry Johnson puis Alonzo Mourning pour former un jeune noyau prometteur. La hype est totale, les progrès sportifs réels et tout le monde porte du merch aux couleurs des Hornets dans les nineties. Alors ce n’est pas ça qui fait gagner des titres, mais alors que la popularité de la NBA grandit hors des États-Unis, les Hornets participent à ce raz de marée commercial. Et ce n’est pas l’ajout de Muggsy Bogues – plus petit joueur de l’histoire de la NBA – qui va réduire le capital sympathie autour de la franchise.
Exit Alonzo Mourning et Larry Johnson
Malheureusement, ce noyau dur ne va pas réussir à exprimer pleinement son potentiel. La faute aux tensions entre les deux leaders du front court, Zo Mourning et Larry Johnson. Les deux vont quitter tour à tour le navire. Tout d’abord Mourning en direction du Heat contre Glen Rice et Matt Geiger, le second pour les Knicks, Anthony Mason faisant le chemin inverse. Et lorsque les deux lascars – Alonzo Mourning et Larry Johnson – vont s’affronter avec leurs nouvelles franchises respectives, les échanges de beignes valident l’idée qu’ils ne pouvaient pas cohabiter et faire gagner sur la durée les Hornets.
L’équipe alors mise sur pied renforcée par Vlade Divac – échangé le soir de la Draft 1996 contre le treizième pick, un certain Kobe Bryant – est certes moins sexy mais demeure solide. Glen Rice artille à 3 points, Anthony Mason est au four et au moulin. Le tout pendant que Divac et Geiger se partagent les minutes au poste de pivot dans deux styles différents.
Puis Rice est envoyé à Los Angeles contre Eddie Jones et Elden Campbell. Baron Davis est drafté pour assurer la caution sexy mais les choses ne tournent pas rond en dehors du terrain. L’arrière Bobby Phills – adoré par les fans et membre majeur de la rotation – décède dans un accident de voiture. En coulisses, la popularité de l’équipe est loin de la hype des nineties, surtout que le propriétaire – et fondateur – George Shinn n’est plus en odeur de sainteté auprès des supporters. Ils lui reprochent d’avoir refusé de sortir les oursins de sa poche pour Zo Mourning et Larry Johnson. Mais aussi d’empêcher Michael Jordan – qui a grandi en Caroline du Nord et qui veut s’engager dans la franchise – d’entrer au capital des Hornets et d’avoir un rôle dans les décisions sportives. Dommage pour eux, ils se rendront compte à l’avenir qu’éloigner Jordan des choix de l’équipe était certainement le meilleur move de leur histoire…
Fin de la version 1.0 des Charlotte Hornets
Dans ce contexte également pourri par une accusation de viol à l’encontre de Shinn, les affluences du Charlotte Coliseum baissent. Le proprio menace même de quitter la ville si on ne lui construit pas une nouvelle enceinte avec des loges de meilleure qualité. Et finalement, les Hornets bougent à la Nouvelle-Orléans en 2002.
Mais ce déménagement – qui au départ fait partie de l’histoire des Hornets – va finalement être un changement de franchise. En effet, en 2004 les Charlotte Bobcats débarquent en NBA. Puis en 2013, les New Orleans Hornets deviennent les Pelicans. Ce qui permet à Charlotte de récupérer en 2014 non seulement le blaze Hornets, mais aussi toute l’histoire de la franchise.
La parenthèse Charlotte Bobcats
Lorsque Charlotte récupère de nouveau une franchise en 2004 avec les Bobcats, c’est un morceau d’histoire qui s’écrit. En effet, Robert L. Johnson devient le premier Afro-américain propriétaire d’une franchise dans une ligue majeure en Amérique du Nord. Sur le parquet, les premiers noms sur lesquels les Bobcats se reposent sont Gerald Wallace, Emeka Okafor ou encore Raymond “la luge” Felton. Et le fait d’avoir Michael Jordan enfin dans l’équation – propriétaire minoritaire mais aussi président des opérations basket – n’améliore pas les choses. Au contraire, que ce soit dans ce rôle ou ensuite en tant que propriétaire quand il rachète les parts de Johnson, les décisions désastreuses s’enchaînent et plombent les Bobcats. Big up à Michael Kidd-Gilchrist. En bon Français bien chauvins, on est tentés de dire que la seule chose sympa qui soit arrivée aux Bobcats reste le passage de Boris Diaw.
Kemba Walker, le GOAT de Charlotte
Allez, on abuse, il y a aussi eu la période Kemba Walker. Ou du moins les prestations du meneur, car malgré son talent, les répercussions sur les résultats collectifs sont faibles avec seulement deux participations en Playoffs en huit saisons à Charlotte pour Cardiac Kemba. Pire, lors de son année rookie, il est avec Boris Diaw dans cette équipe qui termine avec le pire bilan de l’histoire de la NBA avec seulement 10,6% de victoires. Dur. Très dur. Comme être fan des Hornets tellement peu de choses semblent tourner en la faveur de la franchise. Les motifs d’espoirs sont minimes pour exister au sein de la conférence Est et de la Southeast Division (où évoluent également le Miami Heat, les Atlanta Hawks, les Washington Wizards et le Orlando Magic), même avec Kemba Walker au sommet.
Au revoir Kemba, bonjour LaMelo
Été 2019, Kemba Walker quitte Charlotte pour Boston après huit saisons à trimbaler la franchise sur ses petites épaules. En échange, les Hornets récupèrent Terry Rozier via un sign-and-trade. Autant dire qu’on passe de Cardiac Kemba à Scary Terry, avec des résultats… discutables. La franchise entame alors une nouvelle reconstruction, encore une, avec la Draft comme principal espoir de survie.
En 2020, jackpot à la loterie : troisième choix et arrivée de LaMelo Ball, petit frère du fantasque Lonzo et produit de la Ball Family. Dès sa saison rookie, il apporte spectacle, créativité et hype sur les réseaux. Rookie de l’année 2020-21, highlights à la pelle, et une impression de lumière dans un tunnel bien sombre. Les Hornets retrouvent même le Play-In Tournament en 2021 et 2022… pour se prendre deux baffes monumentales, d’abord par Indiana, puis par Atlanta. Baby steps, mais steps quand même.
À côté de LaMelo, Miles Bridges explose statistiquement en 2021-22 et forme un duo excitant avec le meneur, pendant que Terry Rozier fait le taf. Sauf que l’intersaison 2022 vire au cauchemar : Miles Bridges est une sous-m**** impliquée dans une grave affaire de violences domestiques. Il est écarté des parquets pendant toute la saison. LaMelo, lui, multiplie les pépins physiques. Résultat : les Hornets replongent dans les bas-fonds de l’Est.
En coulisses, Michael Jordan reste propriétaire majoritaire mais sa cote d’amour à Charlotte est en chute libre. La Draft 2023 offre tout de même une éclaircie avec le deuxième choix global, transformé en Brandon Miller, un ailier longiligne et shooteur qui séduit rapidement par son culot et son efficacité.
Fin de l’ère Jordan, pas des lacunes
Quelques semaines plus tard, en juin 2023, clap de fin pour l’ère Michael Jordan en tant que proprio majoritaire. Sa majesté vend la majorité de ses parts à un groupe mené par Rick Schnall et Gabe Plotkin. Bilan de ses 13 années à la tête des Hornets ? Zéro série de Playoffs gagnée, quelques choix de Draft foireux, et une légende vivante qui a prouvé qu’être GOAT sur un parquet ne veut pas dire être GOAT dans un bureau.
Sur le terrain, LaMelo Ball reste la tête d’affiche, mais sa manie d’enchaîner les passages à l’infirmerie commence à sérieusement agacer en Caroline du Nord. Heureusement, Brandon Miller, deuxième choix de la Draft 2023, a montré dès sa saison rookie qu’il pouvait devenir un vrai franchise player bis : du scoring, du culot, et un shoot déjà redoutable. Un bon point sachant qu’il a été préféré à Scoot Henderson, pourtant considéré comme le meilleur joueur de la cuvée derrière Victor Wembanyama. Miles Bridges, lui, est revenu après ses ennuis judiciaires, mais la question reste de savoir si ses points valent le poids de sa connerie.
En 2024, les Hornets choisissent le Français Tidjane Salaün au premier tour de la Draft pour tenter de compléter le jeune noyau qui doit se mettre en place. À lui de faire sa place comme un stretch four capable d’apporter des rebonds et du shoot du parking. En parlant de tir à 3 points, Kon Knueppel arrive pour sa part lors de la Draft 2025 avec l’étiquette de meilleur shooteur de la cuvée. Est-ce que ces deux jeunes hommes progresseront chez les Charlotte Hornets ? Aux vétérans comme Mason Plumlee, Jusuf Nurkic ou Grant Williams de s’en assurer pour revoir prochainement les Hornets en Playoffs. Et nous, chauvins comme nous sommes, on gardera un oeil attentif sur Tidjane et son compatriote Moussa Diabaté qui a explosé lors de la saison 2024-25 alors qu’il n’avait qu’un contrat two-way (contrat pour faire des allers-retours entre NBA et G-League).
Dernière mise à jour le 12/08/2025