Sacramento Kings

Les Kings ou rien pour Russell Westbrook ?
Russell Westbrook est toujours sans contrat actuellement, alors qu’il avait décliné sa player option en juin dernier.
Le Shop des Sacramento Kings
Les Sacramento Kings selon TrashTalk
On s’est tellement moqués d’eux qu’on avait fini par croire qu’ils n’auraient jamais le droit au bonheur. Mais le sourire finira bien par revenir pour les fans de la franchise NBA (National Basketball Association) des Sacramento Kings. La preuve, leur riche histoire souvent marquée par les galères comporte tout de même des joueurs talentueux et un titre en NBA.
Avant les Sacramento Kings, les Rochester Royals
Bien avant de voir les Kings tenter de régner sur la Californie depuis Sacramento, tout débute à Rochester, dans l’État de New York. Nous sommes en 1945 et les Royals – descendants des Rochester Seagrams, équipe semi-pro fondée en 1923 – évoluent en NBL. Et ils ne sont pas mauvais, car pour leur première saison dans la ligue, ils remportent le titre avec des joueurs comme Bob Davies, Red Holzman et William “Fuzzy” Levane, ainsi que George Glamack et Al Cervi.
C’est ensuite en BAA (qui devient NBA en 1949) que les Rochester Royals sévissent à partir de la saison 1948-49. La transition se passe plutôt bien puisque l’équipe va chercher le titre NBA en 1951 dans le sillage de Bob Davies, Bobby Wanzer et Arnie Risen, trois hall of famers (membres du Hall of Fame, le Panthéon du basket). Sur les saisons suivantes, les Royals demeurent une équipe solide, même s’ils ne parviennent plus à aller au bout. Surtout, un souci pointe le bout de son nez. Le calendrier NBA, désormais plus chargé qu’à leur période NBL, ne permet plus aux Rochester Royals de disputer beaucoup de matchs d’exhibition. Des rencontres supplémentaires qui remplissaient bien les caisses des Royals.
Direction Cincinnati pour les Kings encore appelés Royals
Du coup, comme beaucoup de franchises à cette époque, l’équilibre financier pour une équipe évoluant dans un petit marché devient difficile. Peu importent les victoires sur le parquet, le blé ne rentre pas, ou en tout cas pas suffisamment. Et quand en plus les saisons sont moins abouties (comme en 1956 et 1957 sans Playoffs), le déménagement est inexorable. C’est en direction de Cincinnati que les Royals bougent. Bon en termes de taille de marché, on n’est toujours pas à Los Angeles ou New York. D’ailleurs, malgré le passage de grands joueurs (Oscar Robertson, Jack Twyman, Maurice Stokes, Jerry Lucas, Nate Tiny Archibald), l’argent ne coule toujours pas à flot et les Royals ne vont rester que quinze ans dans l’Ohio avant de bouger dans le Missouri en 1972.
Avant cela, un moment marque l’histoire de la franchise et de la NBA : l’accident de Maurice Stokes en 1958. En fin de saison régulière, l’ailier fort chute et se cogne la tête. Quelques jours plus tard, il est victime d’une attaque lors d’un déplacement en avion. Il ne quittera plus jamais son lit d’hôpital. Son coéquipier Jack Twyman devient son tuteur légal et se débrouille pour lever des fonds afin de payer les soins de Stokes. Mais cet incident fait du mal à l’équipe, dont de nombreux joueurs, choqués, partent exercer leurs talents sous d’autres cieux.
Pour inverser la dynamique, les Cincinnati Royals misent sur Oscar Robertson lors de la Draft NBA de 1960. Ce monsieur Triple Double (il devient en 1962 le premier joueur de l’histoire de la NBA à réaliser une saison en triple double de moyenne, 30,8 points, 12,5 rebonds et 11,4 passes) brille individuellement. Il porte l’équipe, fait des Royals une franchise qui compte, mais pas suffisamment pour venir à bout des Celtics. Même l’ajout de Jerry Lucas (drafté par les Royals en 1963) n’y change rien. Pire, lorsque l’équipe tente de mettre Bob Cousy – justement un ancien de Boston – coach en 1969, c’est le désastre : l’effectif vole en éclat avec le trade (transfert) de Jerry Lucas puis celui d’Oscar Robertson, alors que l’ancien meneur des C’s s’offre même quelques minutes sur les parquets (7 matchs à 41 ans). On est déjà dans un esprit très Sacramento Kings, même si la franchise n’a pas encore adopté ce nom ni rejoint cette ville.
Puis Kansas City où ils deviennent des Kings (mais sans couronne)
Survient alors un nouveau déménagement en 1972, direction le Missouri et Kansas City. L’équipe se baptise Kansas City-Omaha Kings, pour éviter la confusion avec l’équipe de baseball de la ville nommée Kansas City Royals. On reste dans le thème de la royauté mais malheureusement on conserve aussi la médiocrité, malgré l’avènement de Tiny Archibald qui termine la saison 1973 comme meilleur scoreur (34,4 points) et passeur (11,4 passes) de la NBA, une première. Pour ne rien arranger, les blessures (dont le prometteur Phil Ford), des joueurs qui quittent les Kings pour de plus gros contrats ailleurs ou encore le toit de la Kemper Arena (la salle des Kings) qui s’écroule suite à une tempête sont autant de red flags pour laisser penser que la franchise des Kings est maudite.
Les Kings à Sacramento
Est-ce qu’un déménagement peut changer la donne ? On n’est plus à un mouvement prêt pour les Kings qui ont désormais l’habitude de faire leurs valises. En 1985, ils rejoignent la Californie. Nous sommes enfin bel et bien chez les Sacramento Kings. Mais là encore, cela ne signifie pas la fin des galères sportives. Si les Kings disputent les Playoffs NBA lors de leur première saison à Sacramento en 1986, ils doivent ensuite attendre jusqu’en 1996 pour revoir la post season NBA. Le principal joueur de cette époque est l’arrière Mitch Richmond. S’il fait ses stats, il ne permet pas aux Sacramento Kings de gagner beaucoup de matchs. D’ailleurs, c’est son trade qui change la destinée des Kings… Notons aussi un cocorico puisque lors de la Draft 1997, les Sacramento Kings choisissent Olivier Saint-Jean (aka Tariq Abdul-Wahad) qui devient le premier Français à jouer en NBA.
Volés par les Los Angeles Lakers
Après cette parenthèse chauvine, revenons-en au départ de Richmond, échangé aux Wizards en compagnie d’Otis Thorpe contre Chris Webber en 1998. Suite à ce mouvement, les Sacramento Kings retrouvent les Playoffs, et cette fois-ci de façon régulière. Le rookie Jason Williams (7e choix de la Draft 1998), l’expérimenté Vlade Divac et C-Webb constituent le noyau de cette génération et sont déjà présents, tout comme Peja Stojakovic qui débute lui aussi sa carrière NBA lors de cette saison 1998-99. Les Sacramento Kings de Rick Adelman ajoutent ensuite Doug Christie et Booby Jackson pour proposer un spectacle unique en NBA qui ravit les fans au rythme des passes de Jason Williams.
Mais le jeu trop à risque du meneur lui est fatal. Les Kings décident qu’ils ont besoin d’un point guard meilleur gestionnaire pour franchir un palier. Williams est alors envoyé aux Grizzlies contre Mike Bibby en 2001. Le cap est passé dans la foulée avec la meilleure saison de l’histoire de la franchise (61-21, premiers en NBA) en 2002. Les fans des Kings rêvent alors de titre NBA, mais les Los Angeles Lakers bien aidés par les arbitres – Tim Donaghy (arbitre NBA impliqué dans un scandale de paris et au sifflet lors de cette série) en tête – douchent leurs espoirs. Vol ? Pour une fois, le mot ne semble pas trop fort. Les Sacramento Kings ne voient pas les Finales NBA 2002, éliminés en finale de Conférence Ouest 4 à 3.
Période de disette pour les Sacramento Kings
Les Kings ont laissé passer leur chance. Les résultats des Sacramento Kings déclinent saison après saison, avec la chute qui s’accélère en 2004. La blessure de Chris Webber, le départ de Vlade Divac ou encore le transfert de Doug Christie mettent fin à cette ère prometteuse et excitante. Tout doucement, les Kings deviennent même une blague car à partir de 2007, ils sont en vacances avant les joutes printanières des Playoffs NBA. Peu importent alors les trades, les signatures, les joueurs sélectionnés à la Draft, le destin semble toujours enfoncer les Kings. Que ce soient Kevin Martin, Tyreke Evans, DeMarcus Cousins ou Isaiah Thomas, personne n’arrive à sortir l’équipe de Sacramento de son marasme, et chaque maigre satisfaction est vite balayée. Même le retour de Vlade Divac – en tant que General Manager – n’y change rien. Il faut dire que la légende des Kings a préféré miser sur Marvin Bagley plutôt que Luka Doncic avec le deuxième choix de la Draft 2018. Des mots durs.
Une nouvelle ère pour les Sacramento Kings
Alors comme souvent dans cette situation, appuyer sur le bouton reset demeure la meilleure solution en NBA. On fait le ménage à tous les étages. Vivek Ranadivé – propriétaires des Sacramento Kings depuis 2013 – décide de s’appuyer sur d’autres hommes, dont Monte McNair comme General manager. Cette bascule en 2020 est un véritable tournant qui permet aux Kings de retrouver les Playoffs NBA en 2023 après 16 saisons sans bilan positif (triste record du sport US).
Pour cela il a fallu faire des choix comme se séparer de Tyrese Haliburton, pourtant adoré par les fans, afin de récupérer Domantas Sabonis. Le mot d’ordre est clair : solder l’héritage laissé par Divac. Enfin une partie, car le meneur De’Aaron Fox est heureusement toujours là, tout comme l’ailier Harrison Barnes, aussi discret que précieux. Autour de ce trio, les jeunes Keegan Murray et Davion Mitchell – draftés par les Kings ces dernières années – apportent de la profondeur sur la base arrière. Tout comme Malik Monk, pote de De’Aaron Fox depuis leur passé commun à Kentucky. Et comme Mike Brown arrivé sur le banc en 2022 a su mettre en musique toutes les qualités de cette équipe – il remporte le titre de coach de l’année dès sa première saison comme entraîneur des Kings – le sourire est de mise au Golden 1 Center où Domantas Sabonis, De’Aaron Fox et leurs coéquipiers peuvent célébrer chaque victoire par le désormais traditionnel “light the beam”, à savoir l’éclairage d’un faisceau lumineux qui rayonne dans le ciel de Sacramento.
Une joie de courte durée
Les Sacramento Kings restant les Sacramento Kings, ils se devaient de faire souffrir leurs fans. L’éclaircie de 2023 n’est pas confirmée, malgré une saison 2023-24 avec un bilan positif (46 victoires pour 36 défaites). Mais dans une Conférence Ouest toujours aussi relevée, cela signifie passage par le Play-In. Et les Kings s’inclinent face aux New Orleans Pelicans (après avoir éliminé les Golden State Warriors), échouant ainsi à aller en Playoffs.
Les Kings vont chercher DeMar DeRozan pour tenter de relancer une dynamique positive lors de l’été 2024, quitte à se séparer d’Harrison Barnes. En vain. Les Sacramento Kings ne semblent plus répondre. Mike Brown est remercié, remplacé sur le banc par Doug Christie, l’ancien joueur. De’Aaron Fox est envoyé à San Antonio dans un trade triangulaire (à trois équipes) qui permet aux Sacramento Kings de récupérer Zach LaVine. Le duo DeRozan-LaVine ayant prouvé aux Chicago Bulls qu’il était parfait pour arriver jusqu’au Play-In et se faire éliminer, on a l’impression que le changement de dynamique n’est pas pour tout de suite du côté de Sacramento. La preuve ? Élimination face aux Dallas Mavericks lors du Play-In 2025.
Il faut donc une fois de plus reconstruire chez les Sacramento Kings. Cela sera sans Monte McNair, remercié dans la foulée de l’élimination. C’est désormais à Scott Perry d’apporter un souffle nouveau en tant que General Manager. Seul Domantas Sabonis semble intouchable dans l’effectif actuel. Mais rien n’est jamais sûr chez les Kings.
Dernière mise à jour le 12/08/2025