Kristaps Porzingis et Dallas : 2 ans après, retrouvailles au sommet

Le 06 juin 2024 à 15:40 par Nicolas Vrignaud

kristaps porzingis
Source image : YouTube

Kristaps Porzingis retrouvera cette nuit, à 2h30, son ancienne équipe. Les Dallas Mavericks, en Finales NBA. Dans le Texas, l’aventure n’a pas été joyeuse pour le désormais pivot des Celtics, qui a l’opportunité de prendre une revanche… si tant est qu’il considère vraiment cette opposition comme telle. 

Kristaps Porzingis à Dallas. Une histoire de grands espoirs déchus, une histoire qui va reprendre là où elle s’est arrêtée, en 2022, alors que le pivot reviendra jouer à l’American Airlines Arena dans quelques jours. Avec un contexte bien particulier : l’enjeu de sa visite est un titre NBA, le trophée suprême. De quoi rendre important le fait d’évoquer les années de relations pas forcément roses entre le Letton et les Mavericks. Arrivé dans le Texas pour créer un duo monstrueux – sur le papier – avec Luka Doncic, jeune joueur aux mains d’or, le destin de Kristaps sera plutôt marqué par l’échec de cette association, et un goût amer laissé dans la bouche des fans.

Deux ans après la fin de cette aventure commune entre Dallas et Porzingis, quel est l’ambiance entre les deux parties ? À en croire les protagonistes, qu’il s’agisse de Luka Doncic, Porzi lui-même et plus globalement la franchise, les relations sont apaisées. Dans la réalité ? On navigue plus entre souvenirs aigres et regrets semi-avoués du potentiel extraordinaire de ce duo Luka – Kristaps. Le Letton explique que Rick Carlisle n’a pas été assez patient son jeu, et endosse la responsabilité.

« Il a été décidé que notre duo n’était pas efficace. Si Rick [Carlisle] avait su que je pouvais être aussi efficace, il aurait été plus patient. J’ai vraiment progressé dans le jeu au poste et si j’avais été à l’époque le joueur que je suis aujourd’hui, Rick aurait vu les choses différemment. Je prends l’entière responsabilité de cela. Nous voulions jouer autour de Luka et j’étais juste là pour l’assister. » – Kristaps Porzingis

Avec une pointe de regret ? Sans doute, surtout à la lueur de son discours enthousiaste tenu fin 2019 vis-à-vis de son équipe, où il expliquait faire entièrement confiance à l’ensemble de l’organisation et estimait prendre du plaisir.

« Je pense que nous aimons jouer ensemble. Nous nous faisons confiance. Nous faisons confiance au coaching staff sur le plan de jeu, et nous l’appliquons. Nous essayons de prendre du plaisir tout en jouant avec intensité. Tout est en train de se mettre en place, et c’est pour ça que nous gagnions des matchs. » – Kristaps Porzingis, en décembre 2019.

Un vent de bonheur et d’espoir, balayé par une tempête de blessures : genou et cheville sont constamment touchés, le pivot n’arrive pas à trouver une constance dans son jeu, souvent écarté des terrains. La frustration monte ainsi progressivement du côté du staff, allant provoquer petit à petit la situation de non retour dans l’esprit de Carlisle, expliquée plus haut par le joueur. Et au sein du groupe ? Luka Doncic a dernièrement démenti toute embrouille avec Porzi. Son discours ? L’association n’a pas marché, point. Après 3 saisons, il est envoyé à Washington.

Une traversée du brouillard avant la renaissance, à Boston. Sous les ordres de Joe Mazzulla, Kristaps a montré tout son talent cette saison, étant un élément important de la réussite des Celtics. Il a surtout apporté de la force là où les C’s pouvaient rougir d’autres équipes en NBA, au poste 5. Son retour à Dallas ce soir est un hasard du destin, qu’il a construit en partie grâce à une adaptation parfaite dans le Massachusetts, décrite par Mazzulla comme due à un esprit très ouvert. Surtout à l’heure de confronter le joueur à des systèmes exotiques pour lui, le mettant face à des rôles et missions différentes de ce que ses précédents coachs ont pu exiger.

« Kristaps est ouvert d’esprit car il est européen. Il regarde le football, l’UFC, le basket européen. Ces principes, il les a appris toute sa vie. » – Joe Mazzulla.

L’expérience des moments difficiles sportivement, des aventures avortées, des saisons rendues complexes par les blessures, c’est aussi ce qui construit KP en tant que personne aujourd’hui. Selon l’intéressé, l’important est de se concentrer sur le présent. Loin du tatouage « Carpe Diem » un peu beauf qu’on retrouve semi-effacés par le sable sur moult bras les plages de la façade Atlantique durant l’été… plutôt conscient de ses objectifs, sans arrière-pensée d’avenir.

“À ce point de ma carrière, je ne cherche plus de nouveau contrat, je n’ai pas d’attentes folles. Je me concentre sur qui je suis en tant que personne, en tant que joueur de basket. J’ai mon contrat signé. C’est la situation parfaite pour y aller et gagner. Et toutes ces choses qui s’enchaînent au bon moment, les gars qui entrent dans leur prime [Jayson Tatum, Jaylen Brown]… c’est un élan parfait. » – Kristaps Porzingis.

La vérité de Kristaps Porzingis n’est pas à trouver dans le passé ni à espérer dans le futur. Elle est là, à attraper dans le présent. Et c’est sûr de ses forces que Porzingis entamera ce soir ses premières finales NBA… peut-être reconnaissant des Mavericks, qui lui permis d’être là où il est aujourd’hui.

Source : The Athletic, New York Times, NY Post


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