EuroBasket 2025 – Équipe de France : le bilan joueur par joueur d’une compétition… décevante

Le 09 sept. 2025 à 08:18 par Giovanni Marriette

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Arrivée en Pologne avec une étiquette de vice-championne olympique mais de simple outsider sur cet Euro car victime d’une cascade de forfaits, l’Équipe de France a néanmoins quitté la compétition par la petite porte avec une défaite rageante contre la Géorgie dès les huitièmes de finale. L’heure du bilan a sonné, ça va grincer, dans le respect mais ça va grincer.

Théo Maledon

Désolé Théo mais on va commencer très fort. Dominant toute la saison avec l’ASVEL et logiquement récompensé par un match Tinder avec le Real Madrid, Théo n’a pas su enchainer sur la scène internationale. Titulaire lors des six matchs des Bleus, le meneur a parfois montré une relation intéressante avec Mam Jaiteh mais sa maladresse l’a fait sombrer sur cet Euro. 1/16 à 3-points, désolé mais même votre rédacteur préféré en aurait mis deux de plus, et globalement c’est justement sur ses tirs qu’on a senti Théo en manque de confiance. Trop court sur ses tear-drops signature, auteur d’une bonne deuxième mi-temps face à la Géorgie mais ça casse pas trois pattes à un canard. Il s’en remettra hein, mais c’était un peu crado quand même.

Les stats de Théo Maledon : 4,3 points à 29% au tir dont 6,3% à 3-points, 77,8% aux lancers, 1,8 rebond, 2,2 passes et 0,8 steal en 14,2 minutes

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Sylvain Francisco

L’une des belles histoires de cet Euro. Décisif à chacune de ses entrées lors du premier match face à la Belgique, le S a ensuite envoyé l’une des plus grosses masterclass vue en sélection depuis des années. 32 points, 7 rebonds, 5 passes et 2 steals face à la Slovénie de Luka Doncic, la victoire et une fin de match un peu rocambolesque qui lui a malheureusement coûté des milliers de messages à caractère raciste, car le talent des uns ne rendra jamais les autres moins cons. Souvent laissé pour compte avant les grandes compétitions, Sylvain s’est affirmé sur cet Euro comme un 6th man exemplaire, collant en défense et tellement Kyrie en attaque. De la maladresse certes mais de l’envie, de la prise de risque, et dans cette équipe de France souvent trop timide offensivement, Sylvain Francisco a fait beaucoup, beaucoup de bien.

Les stats de Sylvain Francisco : 9,8 points à 32,7% au tir dont 21,2% à 3-points, 95,2% aux lancers, 3,8 rebonds, 3,7 passes, 0,8 steal et 0,5 contre en 21 minutes

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Nadir Hifi

Un cas bien problématique. Lorsque Nadir a été rappelé en dernière minute pour pallier l’absence de Matthew Strazel, ses partisans ont sorti le champagne mais ses détracteurs pointaient notamment sa production défensive potentiellement dérangeante sur un EuroBasket. Au final les quelques passages de Nadir n’ont pas été catastrophiques en def loin de là, et c’est un autre sujet qui nous chagrine ce lundi : Freddy Fauthoux pouvait-il autant se passer de ce profil alors même que son équipe a tant galéré à trouver des solutions en attaque ? Efficace contre la Belgique, il ne sera véritablement rentré ensuite que face à Israël et l’Islande, et le sélectionneur l’a assumé en déclarant qu’il ne se voyait pas envoyer son shooteur au feu pour un match si important que celui face à la Géorgie. Un What If de plus, et on retiendra en tout cas de l’Euro de l’arrière parisien un état d’esprit irréprochable malgré un statut pas facile de douzième homme.

Les stats de Nadir Hifi : 5,8 points à 35% au tir dont 31,3% à 3-points, 100% aux lancers, 1 rebond, 0,5 passe et 0,3 steal en 9,3 minutes

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Elie Okobo

Le deuxième scoreur des Bleus sur la compétition, le meilleur passeur et le meilleur intercepteur de l’équipe, celui à qui on a filé le ballon quand on avait besoin de respirer. En sortie de banc, Élie a fait du Okobo, à savoir attaquer le cercle, créer des décalages, shooter. Ça tombe bien c’est tout ce qu’on lui demandait, et Freddy Fauthoux a ainsi pu compter pendant dix jours à 100% sur l’un de ses « gars », l’un de ceux qui ne s’est jamais effacé devant les responsabilités. Un gros double-double contre la Pologne, un début de révolte en huitième mais malheureusement stoppé net par une défense collective trop à l’Ouest, et au final les travaux d’Élie sur cet Euro ne sont à notre sens pas vraiment récompensés. On le reverra sans doute, avec un statut de cadre désormais.

Les stats d’Élie Okobo : 12,7 points à 47,5% au tir dont 44% à 3-points, 75% aux lancers, 1,5 rebond, 5 passes et 1,5 steal en 21,7 minutes

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Isaïa Cordinier

Là ça coince. D’apparence pas en rythme lors de la prépa, l’un des héros de Paris 2024 a joué cet Euro dans la peau d’un titulaire… mal dans sa peau de titulaire. Pas forcément à son top, Isaïa n’a jamais su trouver son rôle dans cette équipe. Leader ? Role player ? Effacé en attaque, dépassé en défense, de l’envie mais une envie de se planquer qui transpirait. On a eu dans cet Euro un Cordinier à 30%, un titulaire qui se retrouve avec le plus petit temps de jeu de l’équipe devant Nadir Hifi. Paradoxal, et Paris semble si loin déjà. Efficace en début de match contre la Géorgie, il a pourtant été – comme un symbole – laissé sur le banc toute la deuxième mi-temps du huitième de finale. Compliqué.

Les stats d’Isaïa Cordinier : 5,2 points à 40% au tir dont 27,3% à 3-points, 100% aux lancers, 2 rebonds, 0,8 passe, 0,8 steal et 0,3 contre en 13,3 minutes

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Bilal Coulibaly

Michael Jordan sur les deux premiers matchs, Michel Jourdain sur les quatre autres. Bilal a été le meilleur Français du début de compétition mais s’est ensuite effacé, n’étant même plus cette valeur sûre défensive qu’il a pris l’habitude d’être depuis un an en NBA. Le manque d’expérience s’est cruellement fait ressentir et le concours de brique a été violent sur la fin de semaine et le week-end. De bonnes choses donc mais un essoufflement bien trop rapide et surtout des perfs qui ont causé pas mal de dégâts aux Bleus, avec en point d’orgue une finale complètement ratée qui clôt de manière bien crade son premier Euro. Faudra revenir Bilal, et il faudra faire mieux.

Les stats de Bilal Coulibaly : 6,3 points à 41,2% au tir dont 21,4 à 3-points, 87,5% aux lancers, 4,3 rebonds, 0,5 passe, 0,3 steal et 0,7 contre en 18,8 minutes

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Zaccharie Risacher

Bilan plutôt positif. Pour sa première participation à une grande compétition avec les A, l’ancien crackito de la JL Bourg a été solide et a fait ce qu’on lui demande, à savoir être incisif, se planquer dans le corner et envoyer des gros threes. Parfois un peu trop de douceur dans le jeu là où on aurait aimé le voir un peu plus dur, mais son 12/29 à 3-points sur la compétition donne de bons indices sur son rôle à venir en sélection. Il est l’homme de Freddy Fauthoux, prend quelques brasses par-ci et par-là mais son plancher est aussi haut que son potentiel énorme. Nicolas Batum 3.0, 2025 était encore un peu tôt pour l’avènement mais on va se régaler très vite avec le Z.

Les stats de Zaccharie Risacher : 9,7 points à 47,7% au tir dont 41,4% à 3-points, 57,1% aux lancers, 4,2 rebonds, 1,7 passe, 0,8 steal et 0,5 contre en 17,8 minutes

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Timothe Luwawu-Cabarrot

Pas un rôle facile pour Timothé, utilisé avec parcimonie par Fauthoux mais toujours focus à chacune de ses entrées. Lancé essentiellement en tant que 3 and D, TLC a « pas mal D mais pas trop 3 », en manque de rythme évident, avec en cerise sur le gâteau brûlé cette finale lors de laquelle FF ne l’a lancé qu’en deuxième mi-temps, tu parles d’un cadeau. Aurait sans doute mérité un peu plus de considération mais après tout on n’est pas coach, ici on est plutôt Team Bac Pro Commerce.

Les stats de Timothé Luwawu-Cabarrot : 3,3 points à 31,8% au tir dont 20% à 3-points, 42,9% aux lancers, 2,3 rebonds, 0,3 passe, 0,5 steal et 0,2 contre en 13,9 minutes

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Guerschon Yabusele

Le capitaine a tenu son rang mais le costume a parfois semblé trop grand. Ça reste globalement très positif avec notamment ce match exceptionnel face à la Pologne (36 points), mais forcément cette élimination prématurée met le capitaine dans l’embarras, c’est le jeu. Dans le jeu justement, Guerschon a tout de même été l’un des seuls en qui on avait une confiance aveugle lorsqu’il avait la balle en main, et celui dont le comportement a été irréprochable. Souvent létal en attaque, incisif en défense, vocal sur et en dehors du terrain, bref un vrai capitaine, et au micro des antennes de TF1 Nico Batum a forcément apprécié les travaux de son successeur avec le brassard. C’est officiel, Guerschon est un daron, et quand le retour de certains cadres en 2027 et 2028 va lui enlever le trop-plein de pression… attention les yeux.

Les stats de Guerschon Yabusele : 13,7 points à 46,3% au tir dont 31% à 3-points, 75,2% aux lancers, 4,2 rebonds, 2 passes, 0,7 steal et 0,8 contre en 27,4 minutes

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Jaylen Hoard

Monsieur Propre. Quand Jaylen Hoard prend les pinceaux il fait du Picasso, quand il joue du piano il est Mozart et s’il était un plat il serait un magret de canard au sel de Guérande. Bref Jaylen est une anomalie, qui ne fait pas de bruit mais qui ne fait surtout jamais d’erreur. Le grand public l’a découvert dans un rôle de première rotation intérieure, dans un secteur sacrément démuni et qui demandait donc qu’il se mue en pompier de service. Mission accomplie avec sérieux, et on se dit que s’il n’avait pas été gêné par les fautes sa finale aurait peut-être ressemblé à autre chose. On va revoir Jaylen en Équipe de France c’est sûr, et lui aussi pourrait devenir très vite un cadre de Freddy Fauthoux tant les bribes montrées à Katowice sont intéressantes. Le coup de coeur de la bande, Jaylen Hearth.

Les stats de Jaylen Hoard : 8,3 points à 61,1% au tir et 75% aux lancers, 3,5 rebonds, 0,7 passe, 1,2 steal et 0,3 contre en 19,5 minutes

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Alexandre Sarr

Un crève-cœur. Déjà solide sur quelques passages contre la Belgique, le pivot des Wizards a envoyé une bête de fin de match face à la Slovénie en portant les Bleus en attaque comme en défense. Tandis qu’il montait en puissance salement, le destin est passé par là et lui a ordonné de remettre le jogg. Fin de compétition après deux matchs seulement, terrible compte tenu de sa progression récente et des besoins de l’équipe, déjà pas trop outillés dessous du fait des absences de Wemby, Gobert, Lessort, Poirier… bref de tous les intérieurs possédant une carte d’identité française. Alex n’aura eu besoin que d’à peine dix matchs pour devenir quasi indéboulonnable en EDF, ça promet pour la suite. A la fois déchirant pour 2025 et excitant pour la suite.

Les stats d’Alexandre Sarr : 9,5 points à 72,7% au tir dont 25% du parking, 100% aux lancers, 4,5 rebonds, 0,5 passe, 0,5 steal et 1 contre en 19,5 minutes

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Mouhammadou Jaiteh

Il a fait ce qu’il pouvait et honnêtement c’était déjà très bien. Propulsé par la force des choses seul poste 5 du roster, Mam a été à la fois dur au mal et résiliant, efficace et force de proposition dans le jeu. Le problème n’est pas que Mam n’a pas « assez dominé », le problème c’est surtout de se retrouver avec Mam en seul point d’ancrage intérieur dans une grande compétition. Et ça Mam n’y est pour rien. Alors il y a certes eu des hooks trop courts et des shoots qui ne rentrent pas alors qu’ils rentrent d’habitude, mais en terme de pression dans les pneus le pivot a pris très cher et sincèrement il s’en est plutôt bien sorti. Le soldat ultime, un rêve de coach, mais lui aussi avait un costume un poil trop grand sur cet Euro.

Les stats de Mouhammadou Jaiteh : 8,2 points à 63,6% au tir et 46,7% aux lancers, 4,7  rebonds, 1,3 passe, 0,3 steal et 0,8 contre en 19,7 minutes

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Freddy Fauthoux

Tentons d’être mesuré et coupons la poire en deux. Le négatif ? Forcément, cette élimination prématurée qui reste une contre-performance, pas un drame mais qui lui collera au CV désormais. Les utilisations étranges de certains joueurs (Isaïa Cordinier, Nadir Hifi), l’absence de réaction défensive contre Israël et évidemment le manque d’adaptation offensive face à la Géorgie, le choix de partir aussi peu armé à l’intérieur et le destin qui a même choisi de s’en mêler, bref pas mal de petits hics pour la grande première de Freddy à la tête de la sélection. Malgré tout on doit retenir aussi du positif de cette première. Des propositions intéressantes, des associations 4/5 qui ont matché (même s’il n’avait pas vraiment le choix), la confiance donnée de manière claire à certains cadres donc une hiérarchie claire, bref un homme qui semble assumer ses choix d’emblée et c’est plutôt rassurant. Petitou reviendra plus fort !


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