Wemby et les Spurs qualifiés : quels sont les enseignements de ce premier tour ?
Le 29 avr. 2026 à 10:39 par Jules Bousquet

Les Spurs viennent de battre les Blazers pour la quatrième fois, une victoire synonyme de qualification pour la suite des Playoffs. Avec ce succès en cinq matchs, San Antonio a assumé son statut tout en rassurant : cette équipe est bel et bien prête pour ce qui l’attend, et elle peut viser loin… dès cette année. Retour sur un premier tour riche en enseignements.
Les San Antonio Spurs ont remporté leur première série de Playoffs depuis 2017 ! 🙌
En demi-finales de Conférence ils retrouveront les vainqueurs de l’affrontement entre les Denver Nuggets et les Minnesota Timberwolves. pic.twitter.com/UTsNQ8o9zc
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Une série mouvementée mais maîtrisée
Les débuts en Playoffs de Victor Wembanyama étaient attendus, et il a directement répondu avec du très lourd. Dès le Game 1, il plante 35 points à 13/21 au tir dont 5/6 à trois points, le tout en à peine 33 minutes. Une première historique, propre, efficace, presque trop facile, qui permet de lancer parfaitement les Spurs.
Mais derrière, le Game 2 change totalement l’ambiance. San Antonio semble pourtant avoir le match en main avec jusqu’à 14 points d’avance dans le quatrième quart-temps… et puis tout bascule. L’attaque s’enraye, Portland revient, et les Spurs finissent par s’incliner 106-103 après un terrible trou d’air dans le money time. Et comme si ça ne suffisait pas, Wemby sort sur commotion en plein match, laissant son équipe sans repères et installant un vrai doute. La série revient à 1-1, et le momentum change de camp.
Dans ce contexte, la réaction au Game 3 était très attendue, surtout sans Wemby, et elle a été impressionnante. Menés jusqu’à 15 points sur le parquet de Portland, les Spurs ne paniquent pas et construisent une remontée aussi progressive que violente. Ils s’imposent finalement 120-108, portés par un duo de jeunes en feu : 60 points cumulés pour Dylan Harper (27, dont 22 en seconde mi-temp) et Stephon Castle (33 points). Une victoire qui fait basculer la série sur le plan mental.
Le Game 4 confirme cette tendance et marque clairement le tournant avec le retour de Victor. Le début est pourtant compliqué, avec des Spurs en difficulté et un retard de 17 points à la mi-temps. Mais au retour des vestiaires, tout change. San Antonio roule sur son adversaire avec une deuxième mi-temps monumentale, totalement à sens unique, remportée 73-35. Score final : 114-93. Wemby, lui, signe 27 points, 12 rebonds et 7 contres ! Il redevient une machine à scorer et une présence défensive étouffante, transformant la raquette en zone interdite.
Le plus jeune joueur de l’histoire de la NBA à finir un match de Playoffs avec min. 25 points, 10 rebonds et 7 contres. (s/o @JaredWeissNBA) https://t.co/J9keIiOiob
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Dès lors, le Game 5 ressemble à une formalité bien gérée. Victoire 114-95, sans forcer. L’Alien compile 17 points, 14 rebonds et 6 contres (une journée de travail classique), pendant que le collectif déroule. Et quand Portland tente un léger retour, De’Aaron Fox calme immédiatement les choses avec 9 points consécutifs, histoire de rappeler qui contrôle la série. Résultat sans appel : 4-1.
Au final, les Spurs ont traversé tous les scénarios possibles… tout en gardant le contrôle. Et dans le finish, quand il a fallu fermer définitivement la porte, De’Aaron Fox a montré pourquoi il avait été choisi, et à quel point sa présence est importante dans ce groupe.
Première série de Playoffs gagnée pour De’Aaron Fox en carrière !
C’est pour ça qu’il est venu à San Antonio, et c’est pour ça que les Spurs le voulaient.
🔸 28 points dans le Game 4
🔸 21 points dans le Game 5
🔸 Décisif pour boucler la série
Trop hâte de voir la suite ! 🦊🦊 pic.twitter.com/zPimOnV4oE
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Un collectif déjà crédible
Ce qui saute aux yeux sur cette série, c’est l’équilibre. Oui, il y a Victor, et ses stats parlent pour lui : 21 points, 9 rebonds, 2 passes, 4 contres, 1 interception de moyenne, le tout à près de 60 % au tir et 53 % à trois points. Mais réduire ces Spurs à « l’équipe de Wemby » serait une erreur.
Les moyennes de Victor Wembanyama pour sa première série de Playoffs en carrière :
🔹21,0 points
🔹58,3% au tir et 53,8% de loin
🔹8,8 rebonds
🔹4,0 contres (!!)
🔹2,0 passes
🔹1,0 interception
L’Alien est fait pour la plus grande scène 👽 pic.twitter.com/TDFi6LRfhH
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Parce qu’autour de lui, ça fonctionne déjà très bien. Le backcourt a été un poison permanent pour Portland : création, scoring, adresse extérieure… tout y est. Et surtout, ça se complète. Fox apporte ce qu’on attendait de lui, à savoir la gestion et le sang-froid, pendant que Castle et Harper prennent feu quand il le faut.
Ajoutez à cela un Keldon Johnson précieux au rebond et dans les moments importants avec son agressivité, Julian Champagnie en véritable mitrailleur à trois points, l’énergie de Devin Vassell, et tous les joueurs sortis du banc qui ont contribué à leur manière. Résultat : une attaque imprévisible, difficile à lire, et encore plus difficile à stopper.
La triplette d’arrières des Spurs (en moyenne) lors du premier tour face aux Blazers :
🔸 Castle : 20 points, 4 rebonds, 6 passes, 43% au tir dont 41% à 3-points
🔸 Fox : 20 points, 4 rebonds, 7 passes, 50% au tir dont 37% à 3-points
🔸 Harper : 13 points, 4 rebonds, 2 passes,… pic.twitter.com/d0X9TmzxqE
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Et puis il y a la défense. Avec un Alien dans la raquette, chaque pénétration devient une prise de risque. Entre les contres et l’intimidation, Wemby a complètement martyrisé les attaques de Portland. Il cumule d’ailleurs 16 contres en seulement 4 matchs joués, dont 7 lors du Game 4 et 6 lors du Game 5 : une masterclass de domination.
Mais là encore, ce n’est pas qu’une performance individuelle. L’équipe défend ensemble, ferme les espaces et récupère des ballons. C’est structuré, discipliné… et déjà très chiant à jouer.
HOW ABOUT THAT DEFENSE ➡️ OFFENSE
📺 ESPN pic.twitter.com/F9PBr3EaIm
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Le vrai enseignement de cette série c’est sûrement celui-là : San Antonio ne dépend pas d’un seul scénario pour gagner. Ils peuvent contrôler, accélérer, défendre, scorer et s’adapter. Pour une équipe aussi jeune, c’est franchement pas normal !
Jusqu’où cette équipe peut aller ?
La question maintenant est simple : est-ce que cette équipe est déjà prête à aller jusqu’au bout ? Le discours de Victor après la série résume bien la situation.
Victor Wembanyama après la qualification face aux Blazers :
« J’ai l’impression qu’une étape est franchie, que la première étape est terminée. Je suis personnellement heureux de voir que les choses avancent dans la bonne direction. »pic.twitter.com/ATlFUm21uC
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Ce groupe est en train de passer un cap, en direct. Alors jusqu’où ça peut aller dès cette année ? Probablement encore un cran au-dessus. Mais face à des équipes plus expérimentées et plus denses, à commencer par les Wolves (même diminués) ou les Nuggets au deuxième tour, chaque détail va compter, la marge d’erreur va se réduire drastiquement et on va voir si cette maîtrise tient sous pression constante.
Wemby, lui, est prêt et semble avoir déjà fait l’analyse de ce premier tour :
« Bien sûr, on a grandi. On prend toujours de l’expérience. C’était une bonne manière de commencer les Playoffs. Et j’ai hâte d’affronter des match-ups encore meilleures. »
Une chose est sûre : personne ne va aborder les Spurs comme une équipe « sympa à jouer ». Non, ils sont déjà un problème pour tout le monde. Et vu la vitesse à laquelle ça progresse… ce problème risque de durer.
De toute façon, Hakeem Olajuwon l’avait dit à Wemby : « Tu n’as pas besoin d’attendre pour gagner. Tu peux le faire tout de suite. Si tu es assez fort, tu vas faire gagner ton équipe quoi qu’il arrive » ! Et il semblerait que Victor ait pris ce conseil à la lettre…
