Jalen Brunson en mode « hero ball », formule perdante pour les Knicks
Le 10 juin 2026 à 12:07 par Nicolas Meichel

Trouvant un équilibre collectif magnifique sur les Playoffs, l’attaque des Knicks a clairement perdu en fluidité lors de la défaite du Game 3 face aux Spurs. Comme un symbole, New York est retombé dans du « hero ball » avec Jalen Brunson. Une mauvaise habitude qu’il ne faudra pas reproduire lors des matchs à venir.
Hero ball, définition : jeu trop individuel allant au détriment de l’équipe.
Lors des conférences de presse des deux derniers jours, un thème central est ressorti dans le camp des Knicks : l’exécution offensive et le partage du ballon.
Et pour cause, Jalen Brunson a pris 25 shoots (avec 5 turnovers) dans le Game 3 tandis qu’aucun de ses coéquipiers n’a dépassé les… 13.
Le plus marquant, ça a probablement été la non-implication de Karl-Anthony Towns (11 points à 4/10 au tir), pourtant crucial lors des deux premières victoires à San Antonio. Certains diront que KAT aurait dû être plus agressif et s’imposer beaucoup plus, l’intérieur a simplement répondu qu’il essayait « d’exécuter du mieux possible le plan de jeu ».
Mikal Bridges, lui, a terminé avec 2 petits points à 1/5 au tir, après un Game 2 où il avait été magnifique d’efficacité (20 points et 6 passes à 8/13 au tir). Excepté l’excellent OG Anunoby (28 points) et Josh Hart (16 points), quasiment personne n’a vraiment réussi à trouver son rythme offensif côté Knicks.
La stat a pas mal tourné depuis le Game 3 :
0 point et seulement 6 tirs tentés par Karl-Anthony Towns sur les 4e quart-temps des Finales NBA.
Beaucoup (trop ?) de Jalen Brunson, KAT pas assez impliqué, et une attaque qui peine à bien tourner dans les fins de match. pic.twitter.com/GAtdjfEenn
— TrashTalk (@TrashTalk_fr) June 10, 2026
Premier créateur des Knicks, joueur élite en isolation, et exceptionnel pour trouver ses positions de tir malgré son petit gabarit (1m88, 86 kilos), Jalen Brunson a toujours été la tête du serpent à New York. Tout particulièrement quand Tom Thibodeau était coach.
L’arrivée du nouvel entraîneur Mike Brown il y a un an avait comme objectif de baisser la « Brunson-dépendance », en responsabilisant plus ses coéquipiers et en impliquant plus le banc afin de devenir une attaque moins prévisible, plus équilibrée. Il y a eu des hauts et des bas dans ce process au cours de la saison, mais les Knicks ont su trouver la formule gagnante en Playoffs (avec notamment KAT dans un rôle de point d’ancrage offensif) pour détruire la concurrence…
…jusqu’à ce Game 3 face aux Spurs.
Dans une soirée où le terme « hero ball » a souvent été associé à Jalen Brunson, New York a laissé échapper une série de 13 victoires consécutives, relançant des Finales NBA que les Knicks avaient démarrées de la meilleure manière possible.
21 Brunson dribbles, zero passes on this possession
Not the only time it happened either
Knicks gotta get back to a more diverse offensive attack pic.twitter.com/KMeMTIOAqU
— Hoops Tonight (@hoopstonite) June 9, 2026
L’idée ici n’est pas de blâmer Jalen Brunson et de lui coller une réputation de joueur qui joue pour sa pomme. C’est un formidable leader – « Captain Clutch » – qui essaye tous les soirs de faire ce qu’il faut pour mettre l’attaque des Knicks sur les bons rails. Mais justement, n’en fait-il pas un peu trop ? Et si oui, comment retrouver un meilleur équilibre ?
On ne peut pas simplement parler de « hero ball » avec Brunson sans mentionner Mike Brown, dont la responsabilité première est de s’assurer que le système offensif en place soit exécuté de la bonne manière (écrans, mouvement sans ballon…), afin d’éviter une attaque qui stagne trop. Peut-être que d’autres joueurs – KAT et Bridges notamment – doivent aussi simplement prendre plus de responsabilités en matière de création offensive… s’ils en sont capables.
Il faut quand même rappeler que la défense des Spurs présente un challenge unique, avec un Alien de 2m24 qui a été élu DPOY et des chiens de garde à l’arrière (Stephon Castle en premier lieu, mais aussi Dylan Harper) capables de presser très haut. Les rotations de San Antonio étaient au point, l’impact physique était là, tout ça permettant de ralentir le process offensif des Knicks qui ont pris – selon NBA.com – 35 shoots sur 88 dans les sept dernières secondes de l’horloge des 24.
« Offensivement, on n’a jamais été aussi statiques de toute la saison, ce qui a contribué à nos 13 pertes de balle. On voulait juste rester là à regarder un joueur dribbler sans arrêt. Et puis, quand le ballon était passé, le joueur qui le recevait ne prenait pas de décisions rapides.
Il y a eu des possessions qu’on a mal démarrées mais ça arrive, surtout face à une défense physique (comme les Spurs). Parfois, il faut faire la différence en un-contre-un. Mais on doit être intelligents, protéger la balle, être bien espacés, faire bouger la balle, et avoir du mouvement. » – Mike Brown, après la défaite du Game 3
La vérité, c’est que les Knicks ne sont jamais aussi dangereux que quand la balle tourne, quand tout le monde se sent impliqué, quand chacun sait quoi faire et quand (avec ou sans le ballon).
Dans le Game 2, on a vu une séquence offensive exceptionnelle en mode « Spurs 2014 » (l’ironie) qui symbolisait le jeu collectif de New York. Mais dans le Game 3, les Knicks ont perdu leur dynamique pour retomber dans de mauvaises habitudes.
Que c’est beau le basket quand c’est joué comme ça 😍😍 pic.twitter.com/KUVICWkTnm
— Nico TrashTalk 🏀 (@nicolasmeichel) June 6, 2026
Est-ce que toute la folie entourant le Game 3 (marqué par la présence de Donald Trump) a perturbé les Knicks dans l’exécution de leur plan de jeu ? Est-ce que la grosse pression défensive exercée par les Spurs (parfois tout terrain) a surpris New York ? Est-ce que Jalen Brunson voulait mettre tout Gotham sur ses épaules comme si souvent par le passé ?
Il y a probablement un peu de tout ça.
En tout cas, l’attaque des Knicks devra être moins centrée sur Brunson (81 tirs pour JB dans la série, seulement 37 pour le second) et ce dernier devra être plus inspiré dès le Game 4 de ce soir. C’est peut-être sur cet aspect-là que vont se jouer ces Finales NBA…
Jalen Brunson sur son niveau lors des Finales NBA 2026 :
« Disons que c’est moyen. J’ai déjà mieux joué, mais j’ai aussi déjà moins bien joué. » https://t.co/gqcRyv9kwL
— TrashTalk (@TrashTalk_fr) June 10, 2026
