Victor Wembanyama critiqué pour ne pas avoir serré la main des Knicks : une polémique inutile ?
Le 17 juin 2026 à 13:16 par Nicolas Meichel

Depuis la fin des Finales NBA, Victor Wembanyama se retrouve au cœur de certaines critiques provenant tout droit d’outre-Atlantique. Plusieurs figures médiatiques ont notamment souligné son « manque de maturité », pour ne pas avoir serré la main des Knicks après la défaite…
Il y a 17 ans, après une élimination face au Magic lors des Finales de Conférence 2009, LeBron James avait quitté le parquet tête basse sans saluer son adversaire. Les réactions négatives s’étaient très vite succédé à l’encontre du King : « Manque de fair-play », « Immaturité », « mauvais perdant »…
Aujourd’hui, c’est au tour de Victor Wembanyama d’essuyer les mêmes critiques.
« J’aurais aimé que les joueurs des Spurs serrent la main aux Knicks. Mais ils sont partis, et c’était très décevant » a notamment déclaré Draymond Green sur son podcast, avant d’ajouter : « Je mets ça sur le compte de la jeunesse et de l’absence de leadership. Il y a une façon de gagner et une façon de perdre, et quitter le terrain sans regarder son adversaire dans les yeux, ce n’est pas une façon de perdre. »
Draymond Green n’est pas le seul à avoir pointé du doigt Victor et les Spurs pour leur comportement d’après-match. « En tant que professionnel, vous devez serrer la main, il faut se comporter en homme et ça fait partie du jeu » a par exemple déclaré le rappeur Cam’ron sur le plateau d’ESPN. Nick Young, ancien joueur NBA, est lui allé beaucoup plus loin en traitant carrément Wemby de « pleureuse ».
Draymond on Wemby not shaking hands with the Brunson after the Finals:
“Look your killer in the face… if you leave the court and you don’t look me in my face and I just beat you. I actually know that I own you forever.”
(via @Money23Green, h/t @GothamJD) pic.twitter.com/5LlB5cIvTD
— Legion Hoops (@LegionHoops) June 15, 2026
Vous l’avez compris, c’est très mal passé aux yeux de certains. Mais cette polémique est-elle pour autant justifiée ? Ou au contraire disproportionnée ?
Première chose à savoir : aucune règle écrite n’oblige les joueurs NBA à serrer la main de leur adversaire à la fin d’une série de Playoffs. Ce n’est pas comme dans les sports de combat, où le salut fait partie intégrante de la confrontation. En NBA, c’est plutôt une coutume, une tradition, montrant que la compétition ne doit pas prendre le pas sur le respect entre adversaires.
Deuxième point : Victor Wembanyama vient de perdre ses premières Finales NBA, la cinquième grande finale de sa carrière de basketteur, et n’a que 22 ans. Mérite-t-il vraiment d’être critiqué en place publique pour ne pas avoir serré la main de ses adversaires, alors qu’il vit sa plus grande déception en NBA et qu’il était à deux doigts d’accomplir son rêve ultime ? Certains diront que ça fait partie du package quand on est considéré comme le futur visage de la Ligue. Peut-être. Mais cela ne le rend pas insensible aux émotions – frustration, colère, tristesse – pour autant.
« Pour être honnête, je pense que les gens en font toute une histoire. C’est un sport très compétitif et nous sommes des êtres humains, comme tout le monde. » – Kobe Bryant en 2009 sur LeBron James, critiqué pour ne pas avoir serré la main du Magic
Oui, Victor Wembanyama aurait pu agir d’une meilleure façon après la défaite. Il aurait pu rester sur le parquet, saluer les joueurs des Knicks, leur montrer le respect qu’ils méritent, puis ensuite rejoindre les vestiaires. Mais il ne l’a pas fait.
Est-ce que ça doit faire de lui un vilain ? Non. Cela prouve juste que Wemby – si souvent exemplaire – est lui aussi encore en phase d’apprentissage.
Jay Williams says he doesn’t believe that professional athletes need to shake hands after a game.
Do you agree? pic.twitter.com/2rLHTvMFQw
— Yahoo Sports (@YahooSports) June 15, 2026
« La lune de miel est terminée » : Wemby, une image qui change
Inutile ou pas, cette polémique a le mérite de montrer que Victor ne fait plus l’unanimité, lui qui était salué aux quatre coins de la Ligue pendant la saison régulière pour son niveau de domination, sa maturité et son intelligence. Cet épisode représente la goutte d’eau qui fait déborder le vase, vase qui s’est progressivement rempli pendant les Playoffs mais surtout en Finales NBA.
Ces dernières semaines, Wembanyama ne s’est pas seulement illustré par ses performances sur les parquets. Il s’est aussi illustré par des fautes flagrantes, lui qui est très souvent visé physiquement par ses adversaires. L’une d’entre elles lui a valu une expulsion quand il a envoyé son coude dans la gorge de Naz Reid, et il y en a eu d’autres face à Jalen Brunson et les Knicks (certaines n’étant même pas sanctionnées, et qui auraient pu lui valoir une suspension en cas de Game 6).
Contre le Thunder en Finales de Conférence Ouest, on se souvient aussi de cette séquence où Victor semble demander à ses coéquipiers Mason Plumlee et Bismack Biyombo de faire de « grosses fautes » en fin de match, ce qu’ils ont fait sur Jared McCain.
Victor Wembanyama to Mason Plumlee in Game 5:
“Hard fouls.”
(via @ShowCaseShabazz, h/t @Fullcourtpass) pic.twitter.com/e7gGDMia15
— Legion Hoops (@LegionHoops) May 29, 2026
Presque miraculeusement, l’Alien a échappé à toute sanction supplémentaire de la NBA sur l’ensemble des Playoffs, poussant certains à dire qu’il est surprotégé par la Ligue. Wembanyama n’avait pas non plus été sanctionné après avoir séché une conférence de presse – pourtant imposée par la NBA – en sortie de défaite à Oklahoma City.
À tout ça, il faut ajouter certaines déclarations en conférence de presse qui ont été perçues comme de l’arrogance (Ex. : « On a absolument dominé une grande partie des Finales, mais on a été punis par nos erreurs ») plutôt que de la transparence ou un signe de confiance. Il faut ajouter ses moments d’absence (ici et là) en finale face aux Knicks, notamment après avoir trashtalké Mitchell Robinson, qui ont montré que Wemby n’était pas encore prêt – physiquement, mentalement, techniquement – à gagner une bague.
Autant d’épisodes qui ont fini par ternir une réputation quasiment parfaite.
« Il était la darling de la NBA depuis son arrivée dans la Ligue. Et puis les Playoffs sont arrivés, et c’est comme si le ton médiatique à son égard avait complètement changé, en mettant l’accent sur ce qu’il a fait et pas fait. […] » – Matt Barnes, ancien joueur NBA
Wemby’s honeymoon period is officially OVER 👀
Matt explains why the media’s tone on Victor Wembanyama has changed… and why he ain’t backing down 😤 pic.twitter.com/dKHS1meK90
— ALL THE SMOKE (@allthesmokeprod) June 17, 2026
Si l’image de gendre idéal de Victor Wembanyama a incontestablement été abîmée par les Finales NBA, cette expérience douloureuse semble représenter une étape nécessaire de son évolution, sur comme en dehors des parquets.
Une étape qui lui permettra de gagner en maturité, jusqu’à aller – un jour – triompher.
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