Équipe de France : le bilan de la fenêtre de fin d’été

Le 31 août 2026 à 17:15 par Nicolas Vrignaud

équipe de France 2026
Source : FIBA

Après quatre matchs disputés lors des deux dernières semaines, l’heure est venue de dresser un petit bilan des performances de l’équipe de France masculine de basketball. Si les victoires sont assurément un motif de satisfaction, le travail de construction du groupe est encore long, notamment dans la création d’un esprit de jeu commun. 

Deux matchs face à la Serbie, un face à la Slovénie puis un autre contre la Suède. Un menu – sur le papier – qui s’annonçait un peu decrescendo pour les Bleus, en cette fin d’été. Pourtant, dans le jeu, la réalité s’est matérialisée d’une toute autre manière. Une double confrontation contre la Serbie qui a permis de mettre en avant les qualités et les défauts du groupe, et deux matchs de qualifications à la Coupe du Monde qui ont surtout été le moyen de mettre en lumière le travail collectif important à effectuer pour apporter du liant à l’effectif.

Des individualités exceptionnelles, on s’y attendait

Ce n’est pas ici une surprise. Les Bleus ont pu profiter de leurs remarquables individualités pour dominer leurs adversaires durant certains temps de match. Notamment lors des entames. L’intensité physique du groupe France a permis de rapidement prendre le contrôle du jeu. On pense évidemment à Victor Wembanyama, Maxime Raynaud et Rudy Gobert dans la raquette, mais il ne faut absolument pas négliger la rapidité de projection vers l’avant des « petits ». Sylvain Francisco, Matthew Strazel en tête.

Evan Fournier a été un peu moins bon que d’accoutumée lors de cette fenêtre, notamment dans l’adresse, mais reste une des options majeures de l’effectif dans sa capacité à lire le jeu sans ballon et à trouver les bons intervalles de passe afin d’avoir les tirs ouverts.

On parle ici d’attaque, mais la défense de l’équipe de France n’est pas en reste lorsqu’il s’agit de faire preuve d’intensité. Bien sûr, la dissuasion Victor Wembanyama est littéralement le meilleur atout du monde actuel pour défendre, mais d’autres joueurs ont montré qu’ils avaient de vraies qualités défensives qui pouvaient mettre en déroute le plan de jeu adverse.

Matthew Strazel, capable d’être un véritable poison sur le porteur de balle, est notamment l’un des leaders dans l’exercice et un vrai motif de satisfaction à cet égard. Terry Tarpey est également à mentionner, avec une bonne lecture de jeu notamment sur la circulation de balle adverse.

Deux joueurs ont tout de même, malgré cet ensemble de très haut niveau, réussi à se démarquer : Jaylen Hoard et Amine Noua. Le premier a permis d’apporter de la variété et de la fraîcheur dans la raquette, offrant un profil différent qui s’est particulièrement illustré dans l’impact physique et la verticalité. Le second est intéressant dans le registre qu’il apporte : une belle dimension physique dans l’aile, impression renforcée par la baisse d’attaque du cercle d’un Evan Fournier, notamment.

Collectivement, le travail est… important

Avant de pleinement évoquer l’aspect collectif et tactique, précisons bien : il est compliqué, et sans doute même déplacé, d’exiger de Frédéric Fauthoux que ce groupe fonctionne comme s’il évoluait ensemble depuis plusieurs saisons. Ainsi, plutôt que pointer du doigt les problèmes observés, contentons nous de souligner les points d’amélioration.

À l’intérieur, la recherche de l’association gagnante

Victor Wembanyama et Rudy Gobert n’ont pas vraiment donné satisfaction, Maxime Raynaud en Wemby déjà beaucoup plus. Sachant que certains noms manquent à l’appel, comme Alexandre Sarr et même Guerschon Yabusele. Les Bleus ont besoin de continuer à tester (même si ce sera désormais l’an prochain) les combinaisons pour permettre d’avoir un Victor libre dans ses espaces de jeu et un partenaire qui n’empiète ni ne subit le besoin de place de son coéquipier.

Pour l’instant, comme nous l’avons expliqué, le duo Wemby – Raynaud offre de très belles perspectives. Surtout parce que le premier peut s’écarter, le second jouer sur du pick and roll sans s’empaler sur la défense, grâce à sa qualité de floater. Néanmoins, la vraie donnée qui permettra à ces deux joueurs de combiner est le temps. Défensivement, l’aire d’influence de Victor permet aussi de masquer les quelques lacunes de Raynaud dans l’exercice.

Si le jeu vit bien évidemment autour de la star des Spurs, cette dernière doit se montrer capable de mieux se rendre disponible, et de mieux appréhender les espaces pour éviter les mauvais choix. Tactiquement, cela implique aussi de mettre le collectif face à sa responsabilité : servir le meilleur joueur dans son espace préférentiel, ce qui n’a pas toujours été respecté.

Globalement, et c’est le dernier point de cette section, on regrette aussi le peu de jeu sur pick and roll sur l’ensemble de la fenêtre. D’autant plus quand certains de nos extérieurs (Francisco en tête) sont d’absolus spécialistes dans le domaine.

L’absolue nécessité d’une base tactique claire

La France l’a montré à plusieurs reprises, notamment contre la Serbie et la Suède. Lorsque le tempo est dicté par l’adversaire, les repères collectifs s’envolent, disparaissent. Ne reste plus que le duel direct, l’entonnoir parfait pour l’adversaire qui n’a qu’à attendre le 1 contre 1 et verrouiller le retour de passe pour récupérer rapidement le ballon.

C’est là le gros souci de ce groupe, qui a joué pas mal de tours face à la Serbie et surtout face à la Suède. L’absence apparente de cadre de jeu qui permet non pas de réfléchir et prendre des initiatives difficiles mais d’exécuter et de trouver la situation de tir voulue. On a vu des initiatives individuelles sans queue ni tête, mais quelle autre solution quand le reste du groupe est statique et attentiste ?

Face à la Serbie, c’est Sylvain Francisco qui a amené l’énergie nécessaire et le brin de création pour remettre les Bleus à l’endroit. Face à la Suède, le plan de jeu a fonctionné quand Fauthoux a appuyé sur son tandem intérieur Victor – Maxime. L’équipe a les solutions individuelles aux situations compliquées, mais pas vraiment collectives, pour le moment.


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