Basketix

Le basketix est ce supporter qui connaît encore assez peu la NBA mais s’exprime déjà comme s’il avait personnellement conseillé Phil Jackson sur la Triangle Offense. Quelques highlights, deux séries de Playoffs et trois débats sur les réseaux sociaux ont parfois suffi : le voilà prêt à expliquer pourquoi tout le monde se trompe depuis trente ans.

Le problème du basketix n’est donc pas d’être nouveau venu. Tout le monde a commencé un jour et personne ne naît en connaissant le cinq majeur des Kings de 2003. Ce qui le caractérise, c’est surtout le décalage entre une connaissance encore limitée du basket et une confiance absolument illimitée dans ses conclusions. Le doute ? Une statistique avancée qui ne l’intéresse pas.

Le basketix raisonne souvent à partir de ce qu’il voit le plus facilement : les superstars, les highlights, les points marqués et les résultats récents. Un joueur à 30 points est forcément monstrueux, celui qui termine à 8 points est probablement nul, et une équipe éliminée vient nécessairement de prouver que son meilleur joueur « n’a pas le mental ». Défense, création sans ballon, contexte tactique, efficacité, rôle dans l’équipe ou simple notion d’échantillon peuvent attendre le prochain cours.

Basketix et bandwagon, quelle différence ?

Le basketix ne doit pas être confondu avec le bandwagon. Le premier est surtout moqué pour sa manière de parler du basket avec beaucoup plus d’assurance que de connaissances. Le second se distingue plutôt par sa fidélité mouvante et sa tendance à rejoindre l’équipe qui gagne ou qui devient à la mode.

Les deux profils peuvent évidemment fusionner. On obtient alors le supporter qui vient de découvrir la NBA, change de franchise tous les deux ans et explique à ceux qui la suivent depuis vingt saisons que Michael Jordan « jouait contre des plombiers ». Là, normalement, le diagnostic est assez avancé.

Le terme reste évidemment une caricature et, chez TrashTalk, une manière de chambrer certaines analyses plus qu’une qualification officielle déposée par la NBA. Le meilleur remède au basketix est d’ailleurs assez accessible : regarder davantage de matchs, accepter de ne pas tout savoir et se rappeler qu’en basket comme ailleurs, plus on creuse, plus on découvre qu’on avait encore deux ou trois trucs à apprendre.

Source image : TrashTalk