Jaylen Brown et les Celtics, une relation qui avait atteint le point de non-retour

Le 02 juil. 2026 à 14:42 par Nicolas Meichel

Jaylen Brown Celtics 2 mai 2024
Source image : NBA League Pass

Dans les rumeurs de transfert depuis que Boston a tenté de récupérer Giannis Antetokounmpo, Jaylen Brown a finalement été envoyé chez les Sixers contre Paul George et deux choix de premier tour de draft. Un trade choquant au vu de la faible contrepartie récupéré par Boston, mais surtout symbolique d’une relation qui était devenue irréparable. 

« Mais comment on a pu en arriver là ?! »

C’est probablement ce que doivent se dire de nombreux fans des Celtics ce jeudi, après avoir vu les chemins de Jaylen Brown et de la franchise de Boston se séparer brutalement. C’est aussi ce que se disent beaucoup de couples, quand ils atteignent le point de non-retour et qu’un divorce semble représenter la seule issue possible.

La question est d’autant plus légitime que Jaylen Brown restait sur sa meilleure saison en carrière, une saison calibre MVP où il a aidé les Celtics à déjouer tous les pronos pour remporter 56 matchs malgré la blessure de Jayson Tatum et les gros départs de l’intersaison 2025. Légitime aussi quand on sait qu’il y a seulement deux ans en arrière, Brown et les Celtics remportaient le titre NBA ensemble, Jaylen décrochant au passage un titre de MVP des Finales. Légitime, enfin, quand on connaît la place prise par JB dans la communauté de Boston, où il s’est beaucoup investi en l’espace d’une décennie.

Jaylen Brown aux Celtics, c’est un palmarès XXL :

☘️ 10 saisons
☘️ 5X All-Star
☘️ 2X All-NBA
☘️ 6e du MVP
☘️ MVP des Conférence Finals

Une progression saison après saison, un duo dingue avec Jayson Tatum et surtout, un titre de Champion NBA et de MVP des Finales en 2024 ! 🔥 pic.twitter.com/8dFnbyX5Fm

— TrashTalk (@TrashTalk_fr) July 1, 2026

Mais alors, comment en est-on arrivé là ?

La rupture a véritablement été amorcée quand les Celtics ont fait le forcing pour récupérer Giannis Antetokounmpo il y a deux semaines, indiquant aux Bucks qu’ils étaient prêts à lâcher Jaylen Brown en plus de deux choix de premier tour de draft en échange. Ce n’était un secret pour personne, Boston était à la lutte avec Miami pour récupérer le Freak, et pensait que sacrifier JB allait permettre de décrocher le gros lot. Mauvais calcul : Milwaukee a finalement opté pour l’offre du Heat, laissant les Celtics dans une situation compliquée à gérer.

Frustré et ne s’estimant pas apprécié à sa juste valeur, Jaylen Brown a pris de plus en plus ses distances avec la franchise de Boston et ses dirigeants. Sans officiellement demander un transfert mais en faisant passer des messages plus ou moins explicites. Entre grosses déclarations et activité sur les réseaux sociaux, on a rapidement compris que JB ne se voyait plus vraiment évoluer sous le mythique maillot vert et blanc.

Publiquement, le manager des Celtics Brad Stevens a tenté de désamorcer la bombe comme il a pu, disant notamment que « Jaylen Brown occupe une place importante dans l’équipe ». Mais en coulisses, même après l’échec du trade de Giannis, les Celtics ont visiblement fait le forcing pour trouver un nouveau point de chute à Brown.

« Les Celtics ont en effet commencé à mettre Jaylen Brown activement sur le marché, sollicitant des offres auprès d’environ huit à dix équipes ces derniers jours. […] D’après ce que j’ai compris, Jaylen Brown n’a pas demandé à être transféré. » – Shams Charania (ESPN), juste avant le transfert aux Sixers

Au vu de la gueule de la contrepartie (Paul George, deux choix de premier tour de draft, deux choix de second tour en échange), de l’équipe avec laquelle Boston a négocié (les Sixers, un rival de division et concurrent direct à l’Est) et du timing du trade (dès le début de l’été), Boston voulait tourner la page ASAP.

Les Celtics auraient pu attendre au lieu d’accepter un transfert qui ressemble clairement à un deal perdant, Brown étant sous contrat jusqu’en 2029. Ils auraient probablement pu récupérer mieux ailleurs avec un peu de patience et de perspicacité. Ils auraient même pu tenter de recoller les morceaux en vue de la saison prochaine pour repartir sur des bases plus saines. Aucune de ces trois options n’a semble-t-il été réellement envisagée.

Cela alimente forcément certaines spéculations à travers la NBA, disant que ce transfert a été réalisé « sous la contrainte » pour reprendre les mots de l’insider Brian Windhorst. Et si Brad Stevens avait été forcé par les nouveaux propriétaires de la franchise pour faire ce deal, en particulier pour des raisons financières ? On rappelle que Jaylen Brown est en plein milieu d’un contrat de 285 millions de dollars sur cinq ans. Mais Adam Himmelsbach, du Boston Globe, assure que non.

Au final, ce transfert montre peut-être tout simplement à quel point la relation entre Brown et les Celtics avait atteint le point de non-retour.

Jaylen Brown had fallen heavily out of favor with Brad Stevens and the Celtics’ front office, per @Tjonesonthenba

“He’s also polarizing, thoughtful, well-spoken, outspoken, expensive and had apparently fallen so out of favor with Brad Stevens and the rest of Boston’s front… pic.twitter.com/9Ie395KRNw

— Fullcourtpass (@Fullcourtpass) July 2, 2026

Cette fin brutale nous pousse aussi à nous demander s’il n’y avait pas de l’eau dans le gaz avant même le transfert raté de Giannis, qui a ensuite tout fait basculer.

Jaylen Brown avait beaucoup fait parler de lui cette année à travers différentes déclarations sur Twitch, notamment celle où il a déclaré que la saison 2025-26 était sa « favorite » – avant même la saison du titre – et ce malgré une élimination surprise face aux… Sixers au premier tour des Playoffs.

Certains du côté de Boston, fans comme observateurs, ont interprété cela comme un signe d’individualisme, Brown réalisant sa meilleure campagne personnelle sans Jayson Tatum blessé. Si JB a ensuite clarifié ses propos en disant qu’il avait beaucoup apprécié la manière avec laquelle les Celtics ont fait face à l’adversité cette année, peut-être que certains dirigeants de Boston ont également vu ça d’un mauvais œil.

Si la réponse est oui, ça n’aura pas été la seule fois où les Celtics et Jaylen Brown n’étaient pas sur la même longueur d’onde. La preuve :

« Même si Jaylen Brown se présentait comme un candidat au titre de MVP, les Celtics n’avaient pas l’impression que Jaylen avait réalisé la meilleure saison au sein de l’équipe… Ils estimaient que Derrick White avait fait une meilleure saison. Et les statistiques avancées qu’utilisent certaines personnes le montrent » – Brian Windhorst (ESPN)

En parlant de stats avancées, qui analysent l’impact d’un joueur d’une manière plus profonde que les stats brutes (points, rebonds, passes…), elles n’ont jamais vraiment favorisé Jaylen Brown, les Celtics étant statistiquement plus performants sans JB sur le terrain cette saison : +9,4 points sur 100 possessions avec Brown sur le banc, seulement +5,7 avec lui sur le terrain si l’on en croit les chiffres de Tom Haberstroh (Yahoo Sports). Même si les stats avancées peuvent être interprétées de différentes manières, le fait est là.

Ce constat, les Celtics l’ont sûrement fait aussi. De quoi faire de Brown un joueur moins indispensable qu’un véritable MVP d’une équipe ? Si Boston l’a laissé partir pour deux choix de premier tour alors que la franchise en visait initialement quatre, c’est peut-être aussi pour ça. Car dans l’ère des stats avancées, la cote de Jaylen Brown n’est pas aussi élevée que ce qu’on pourrait penser. Et elle ne sera peut-être jamais plus haute qu’en sortie d’une saison où il a quand même été nommé dans la All-NBA Second Team.

Je ne sais pas ce qu’il s’est passé en cette fin de saison entre Jaylen Brown et les Celtics, mais entre :

– les déclarations de fin de saison de JB

– les rumeurs autour de son nom dans le dossier Giannis Antetokounmpo

– ce trade…

Il ne pouvait pas rester à Boston ! 😶‍🌫️ pic.twitter.com/iqOfman2X6

— TrashTalk (@TrashTalk_fr) July 1, 2026

Vous l’avez compris, les raisons qui se cachent derrière le transfert choquant de Jaylen Brown sont diverses, et on ne les connaît sans doute pas toutes. Peut-être que Brad Stevens, critiqué de toutes parts actuellement à Boston, voulait avant tout gagner en flexibilité afin de réaliser un gros coup à l’avenir.

En attendant, il est clair que ce divorce entre les Celtics et Brown marque la fin d’une ère à Boston, une ère remplie de succès qui méritait clairement un meilleur dénouement.

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